Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labourés)

Partagez autour d'un genre musical en particulier.

Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labourés)

Message par jbprog » Ven 9 Nov 2012, 20:47

Bonsoir,

Comme déjà écrit par ailleurs ; je ne me cantonne pas à un style de musique (d'écoute je veux dire, pour le jeu je ne représente rien).
Mais un dénominateur commun est que je me retrouve souvent dans des musiques qui se situent... sur des sentiers "éloignés de la consommation de masse" !

Que pensez-vous de la réflexion ci-dessous (je m'y reconnais plutôt très bien) :
Frédéric L'Epée (http://laspada.perso.neuf.fr/apropos.html) a écrit :Le progrès matériel est souvent synonyme de facilité, l'accès à tous les biens de consommation a progressé de façon phénoménale mais proportionnellement à l'exclusion sociale. En réalité, acheter est de plus en plus facile, celui qui va dominer un marché ne va pas être celui qui produit la meilleure qualité, mais celui qui va permettre la plus large accessibilité à son produit.

La musique n'échappe pas à cette loi. Vite composée, vite réalisée, vite vendue, vite oubliée, et surtout le plus facile d'accès possible, telle est la recette de la consommation musicale.

Certains musiciens ou compositeurs ont besoin d'une longue maturation avant la réalisation d'une œuvre, ou utilisent des langages inhabituels, aussi leurs musiques, donc leurs mondes, sont plus difficile d'accès. Leurs oeuvres nécessitent souvent plusieurs écoutes, quelquefois certaines connaissances, mais procurent parfois bien plus qu'un simple plaisir.

Quelques uns de ces musiciens ont leurs réseaux, et ils se partagent l'interêt d'un public pour les musiques étonnantes, innovatrices, qu'elles soient appelées contemporaines, avant garde, ou musiques improvisées.

Il en est d'autres qui n'appartiennent à aucun réseau, aucune école, aucune tendance, que ce soit par hasard ou par volonté, ils existent en dehors des circuits habituels.

Bonheur de l'hyperlien, je suis tombé là-dessus en cherchant des informations sur le groupe Shylock (j'en parle ailleurs brièvement sur le forum).

Qui se retrouve dans ces goûts musicaux (ce qui n'exclut pas d'apprécier également (parfois) des produits musicaux de consommation "de masse") ?
Par goûts musicaux, je ne parle pas d'aimer tel style de musique, mais tel(s) style(s) situés... hors des sentiers battus (et même labourés).

Aucune découverte extraordinaire dans cette réflexion ou la citation plus haut.
Je trouve simplement intéressant d'échanger là-dessus, a fortiori avec ceux qui eux aussi aiment ces sentiers éloignés.

A vous !
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par virgule » Sam 10 Nov 2012, 14:52

perso j'ai des gouts plutot spéciaux aussi :-)

par contre, en rapport a la citation, je ne pense pas que la technologie ait un mauvais effet en soi. c'est plutot une chance de pouvoir faire de nouvelles choses, autrement, et pour les musiciens d'explorer de nouveaux univers.

je pense que fondamentalement la technologie est neutre, et que c'est la société qui en fait l'usage qui détermine si il en sort du bien ou du mal. Donc le consumérisme et la production de masse a pur but lucratif dans les arts me parait plus le fait que notre mode de fonctionnement grignote petit a petit tout ce qui est possible pour generer du profit, et les arts, qui étaient encore un peu en dehors, ont été absorbés par cette course folle à l'argent
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par Dream Drummer » Sam 10 Nov 2012, 15:27

Merci Virgule pour ta précision différenciant la conception de l'usage, et mettant à mal le déterminisme technologique.
Je suis complètement de ton avis à ce sujet : on fait ce qu'on veut avec ce qu'on veut, c'est l'usager qui a le dernier mot et la responsabilité de l'usage.
En effet, on sait tous qu'un couteau peut servir à autre chose que couper sa viande : planter son voisin, servir de déco, etc ... Et on sait tous plus ou moins comment planter notre voisin avec le premier couteau glané dans la cuisine, est-ce qu'on le fait pour autant ...
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par jbprog » Sam 10 Nov 2012, 16:59

Merci pour vos réponses.
En fait, le sujet de discussion qui m'intéresse n'est pas ce déterminisme technologique (je suis cependant du même avis que vous), mais vos affinités vis-à-vis de goûts musicaux hors des sentiers battus (voire labourés).
J'aurais du rapporter la citation depuis "celui qui va dominer...".

Car c'est la suite de cette citation qui m'intéresse ; concernant autant la création musicale d'une part, que les goûts des amateurs auditeurs d'autre part.
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par virgule » Sam 10 Nov 2012, 19:25

j'ai lu ca recemment sur la musique commerciale http://composer-sa-musique.fr/pourquoi- ... a-musique/

sinon j'ai eu des périodes musicales un peu disparates, mais j'ai un gout certain pour la dissonance, le coté glauque, sombre, experimental et un peu sale, tant au niveau de l'inspiration qu'au niveau du son, donc j'ai du forcement prendre les sentiers détournés pour trouver ma came en musique :-)
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par jbprog » Sam 10 Nov 2012, 23:55

Merci beaucoup pour ce lien, tout simplement parce qu'il résume parfaitement tout le mal que je pense de ce type de "musique" (musique marketing, et non musique commerciale) !!
C'était le sens du mot "labouré" ; à force d'usure et passages par les mêmes sempiternels(lles) chemins/recettes...

J'aimerais qu'un maximum de personnes prenne conscience de cette arnaque artistique !
C'était un des points essentiels que je voulais aborder dans ce topic.
Et l'article, par sa simplicité (je veux par là qu'il s'adresse à tous) et son rapide tour de la question permet à quiconque cette prise de conscience.

Pour le reste, je trouverais intéressant d'échanger sur nos "parcours de découvertes musicales" (groupes, courants, sonorités, ...), les dénominateurs communs des musiques qui nous font vibrer, quel que soit leur style. Ce que tu as commencé à faire virgule.

Pour ma part, la musique est comme un voyage. J'aime qu'elle me transporte et m'amène vers des paysages, plusieurs paysages, qui parfois me surprennent, ...
J'aime aussi, comme dans ton voyage, qu'il y ait plusieurs étapes, des progressions, des revirements, une part d'inattendu.
Pour revenir rapidement sur la musique marketing, elle ne me fait donc clairement PAS voyager...

A l'inverse de toi virgule (qui aime la dissonance), un de mes dénominateurs communs est la beauté des mélodies.
A ce titre, dans le rock progressif qui est un des styles que je préfère, j'adore Genesis ou Yes, mais ai assez souvent du mal avec un groupe comme King Crimson.

PS : bon, maintenant, étant donné le peu de personnes intéressés par ce topic... :cry:
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par vavou » Dim 11 Nov 2012, 13:35

non,non vous êtes lu;
super sujet
j'ai eu l occasion de rencontrer Frederic, le guitariste dont tu parles.il est très chouette.

nous sommes peux 'est vrai , mais tout de même une petite poignée de membres du forum aiment sortir des sentiers battu, et débattre débattre
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Hors des sentiers battus (et même débattus)

Message par coyote stick » Dim 11 Nov 2012, 13:49

jbprog a écrit :PS : bon, maintenant, étant donné le peu de personnes intéressés par ce topic... :cry:


Meuh non voyons, c'est ta stratégie com' et marketing qui n'est pas au point :mrgreen:
Plus sérieusement, ça fait quand même un peu écho à plusieurs topics déjà existants sur le fofo.

Pour moi, le débat sur les genres relève d'une problématique plus large : les producteurs de musique ne s'adressent plus à des auditeurs mais à des consommateurs... ou CONSommateurs si ça vous amuse.
Et dans tout style, toute classification aussi arbitraire qu'elle soit, il y a les standards, les œuvres grand public, les œuvres plutôt réservées aux initiés, les ersatz...

Le boulot des majors aujourd'hui, c'est de faire du prêt-à-écouter pour des auditeurs qui n'ont pas le temps.
Parce qu'aujourd'hui, on vit dans une société marchande, un Monde où tout va toujours plus vite, notamment grâce au Web... bla bla..., dans lequel l'accès à la culture doit être "simple, rapide, efficace"... et rentable ça va de soi.

Or, pour enrichir sa culture (musicale ou autre) il faut du temps. Et des rencontres.
On finit parfois par s'intéresser ou s'ouvrir à des styles musicaux qui ne nous touchent pas au premier abord simplement parce qu'on connaît des gens passionnés par ce style. Lorsque quelqu'un parvient à me transmettre sa passion pour un style -qu'il s'agisse de dub ou de black metal- je ne me soucie pas trop de savoir si c'est commercial ou avant-gardiste.

Mais c'est un peu le nouveau cliché à la mode : se donner l'illusion qu'on sort du moule.
Il suffit de lire ou d'écouter la plupart des groupes actuels qui rabâchent à longueur d'interview : nous sommes ouverts à plein de styles, nos influences sont très diverses, nous ne nous fermons aucune porte (...) alors qu'il est très difficile d'échapper au formatage.
Notamment en France où on a ravagé une génération d'auditeurs avec des programmations radiophoniques calamiteuses et de la Star Ac'.
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On lit, oui

Message par boomfred » Dim 11 Nov 2012, 14:05

De là à être pertinent sur le sujet il y a un monde.
Et dis-toi que c'est bon signe que ça avance lentement au lieu de se transformer en foire d'empoigne "anciens VS nouveaux" ou "metal VS jazz".

Après, hors des sentiers battus, pourquoi pas, mais pour que la musique arrive jusqu'à nous, il faut quand même une signature chez un label, la mise en production d'un disque, un tourneur, etc.
Il faut donc que quelqu'un, parfois l'artiste lui-même, décide de miser un peu en espérant que ça va rapporter (coûter ?) un minimum.
Relatif relatif donc.
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par jbprog » Dim 11 Nov 2012, 18:22

C'est par hasard que j'ai eu la chance d'écouter Shylock au Jas'Rod (salle aux Pennes Mirabeau, qui accueille chaque année le festival Prog' Sud).
Frédéric L'Epée m'a paru autant passionné que passionnant !
Tout comme le batteur André Fisichella, tu l'as également rencontré vavou ?
Et leur musique :coeur: Un délice !

Pour la suite :
- mon "PS" était volontairement provoc, et donc pour faire (un peu) réagir ;-)
- je re-précise/re-centre : étant entendu qu'un artiste a besoin de se faire connaître (sinon quel intérêt de créer quelque chose uniquement pour soi même ? A part par plaisir et/ou auto-psychanalyse), le débat/sujet n'est pas pour ou contre la musique connue/distribuée (ni un débat strict entre genres musicaux, y en déjà assez sur le forum), mais plutôt :

1> faire prendre plus largement conscience de cette musique marketing, cette arnaque artistique (i.e. où est la création ?)...
A ce titre, le lien qu'a donné virgule est parfait !

Et/Eh oui, bien sur, il ne faut pas être être naïf ou utopique ; la musique et l'art en général n'échappent pas aux tentacules de l'économie de marché et sa recherche du profit maximal.
Je rejoins donc coyote stick concernant le fait que "[la plupart des] producteurs de musique ne s'adressent plus à des auditeurs mais à des consommateurs", de même que "Or, pour enrichir sa culture (musicale ou autre) il faut du temps. Et des rencontres.".

[subtile transition]
2> et vous, quels sont donc vos goûts "hors des sentiers battus (et même labourés)" (cette expression étant maintenant précisée ;-)) ?
=> Quels ont été vos parcours "initiatiques"/de découverte, en tant que musicien et/ou auditeur ?
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par mistersound » Mar 13 Nov 2012, 09:35

Ta remarque J semble quasi indispensable = pour faire naître un groupe original ;

Dans ton groupe, c'est la somme des cultures musicales de chaque musicien
qui fait la richesse de ce groupe, non ?
Même en partageant (écoute ou jeu) un style de musique précis avec amis / musiciens,
heureusement que vous n'écoutez pas les mêmes trucs en boucle...(à 15 ans des fois...)

C'est l'écoute "large" qui donne ce goût particulier à TON jeu.
Par exemple, mon 1er choc rythmique / secousse = Le samba de roda
jouée à Bahia avec un berimbau dans la capoeira (danse et art martial) et c'est toujours le cas.

Pas besoin de production/ marketing systématiquement :
une accordéoniste croisée au cour d'une Jam session m'a bouleversé
(avant, mis à part Richard Galliano et Marc Perrone je détestais)
Des talents si tu regardes bien, y'en a à tous les coins de rue.

le dernier qui m'a tué : un anglais, perdu dans les rues de Tarbes, faisait la manche
pour payer le séjour à l'hôpital de sa fille. Il jouait une sorte de Blues/BlueGrass bien à lui
D'habitude, ça m'ennuie en 5 mn - Là - la claque.
J'aime bien jouer le plus carré simple possible / rock / avec des voix et des choeurs,
cela ne m'a pas empêché de faire une cure intensive de tous les 33T ECM qui passaient à ma portée,
avec un réel bonheur (Terje Rypdal, Eberhart Weber, Yan Garbareck, John Abercombie, Philippe Catherine
à suivre.
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par BarDkn » Dim 25 Nov 2012, 03:53

Hmm, je suis assez dubitatif sur ce côté "musique vite composée, vite digérée, vite oubliée".

Parfois il faut une somme de travail considérable, et beaucoup de temps pour parvenir à une oeuvre qui raconte ce que l'on veut raconter, dans les formes qui nous intéressent, et accessible pour un public. Et là on arrive sans doute à deux visions de l'acte créatif en art qui sont difficiles à concilier : l'oeuvre comme forme d'expression ou comme support de dialogue.

La nuance est de taille, car si l'expression ne s'embarrasse pas de compréhension, à partir du moment où on veut dialoguer, il s'agit de se faire comprendre.

De façon caricaturale, c'est la même différence entre crier une émotion face à un mur, seul, sans se soucier de rien ni personne, et tenter de la transmettre à autrui. Le débat sur l'accessibilité d'une oeuvre ne peut que difficilement échapper à cette dichotomie.

Perso, je considère qu'une oeuvre doit être compréhensible. Pas nécessairement au premier abord ou rapidement, mais elle doit comporter des portes d'entrées qui permettent au récepteur de s'y plonger et d'en retirer quelque chose. Quelque chose que l'artiste n'y a pas forcément mis à la base, d'ailleurs.

Du coup, même si mes goûts personnels s'éloignent souvent du mainstream pour rejoindre des genres musicaux confidentiels, je ne suis pas partisan d'un discours trop intransigeant concernant le mainstream. Oui, depuis adorno on sait que la culture de masse caymal. Depuis qu'adorno est mort on a aussi découvert que son jazz culture de masse est vachement moins mainstream aujourd'hui, et que tout évolue...

Au final, je me demande si le seul critère pertinent ne serait pas la réception : si une oeuvre (au sens large, d'ouvrage, chose créée), même "commerciale", évoque chez un récepteur une émotion ou lui permet d'en retirer quelque chose, alors elle a une valeur, et on ne peut pas lui nier le droit d'exister.

On peut ne pas aimer, et encore heureux, mais pas balancer en bloc, et ceux qui l'apprécient avec, parce que "c'est commercial".

Ceci d'autant plus qu'aujourd'hui la marchandisation touche presque toutes les sphères musicales, à de très rares exceptions (je pense aux musiques libres, contemporaine, électro accoustique et autres du genre par exemple). La démarche commerciale a imprégné l'environnement créatif de la plupart des musiciens, ne serait-ce que parce que la réalisation du projet nécessite des moyens matériels. Rien n'est "pur" art à ce stade.

Enfin, j'ai un dernier point, mal articulé avec le reste mais qui me semble important :

je cite Coyote :
Mais c'est un peu le nouveau cliché à la mode : se donner l'illusion qu'on sort du moule.
Il suffit de lire ou d'écouter la plupart des groupes actuels qui rabâchent à longueur d'interview : nous sommes ouverts à plein de styles, nos influences sont très diverses, nous ne nous fermons aucune porte (...) alors qu'il est très difficile d'échapper au formatage.


Mais justement, la grande caractéristique de beaucoup de musiciens (et pas que) aujourd'hui, c'est l"hybridation. C'est précisément la nouvelle forme du mainstream : il n'y a pas de formatage dans la forme finale, mais un formatage par l'hybridation, des éléments de tous les styles se retrouvent dans tous les styles, y compris les morceaux les plus "produits" (au sens industriel). Si on écoute pour de vrai et pas en fantasmes NRJ aujourd'hui, on se rend compte que les textures sonores, les rythmes, les caractéristiques de la musique mainstream ne sont pas constitutives d'une identité propre, mas un agrégat de tout ce qui se fait "dans l'ère du temps", y compris chez les indés.

Encore plus fort, depuis quelques années, les productions indépendantes, dans un mouvement de balancier, aggrègent de plus en plus des formulations musicales typiques de la musique "industrielle" dans leurs compos.

Est-ce encore pertinent de parler d'art pur, d'originalité ou que sais-je quand on en arrive là ? Ne vaudrait-il pas mieux en prendre acte, et tirer le meilleur parti de ce processus généralisé d'hybridation, à savoir une possibilité et une ouverture globale aux mélanges musicaux improbables énorme ? Bien souvent les trouvailles viennent du métissage, et c'est sans doute là dessus qu'il y a tout un tas de choses à creuser...
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par grreyne » Jeu 27 Juin 2013, 09:15

virgule a écrit :perso j'ai des goûts plutôt spéciaux aussi :-)

par contre, en rapport a la citation, je ne pense pas que la technologie ait un mauvais effet en soi. c'est plutôt une chance de pouvoir faire de nouvelles choses, autrement, et pour les musiciens d'explorer de nouveaux univers.

je pense que fondamentalement la technologie est neutre, et que c'est la société qui en fait l'usage qui détermine si il en sort du bien ou du mal. Donc le consumérisme et la production de masse a pur but lucratif dans les arts me parait plus le fait que notre mode de fonctionnement grignote petit a petit tout ce qui est possible pour générer du profit, et les arts, qui étaient encore un peu en dehors, ont été absorbés par cette course folle à l'argent


:+1!:

le matériel au service de la création devient de plus en plus abordable et c'est une bonne chose , finis le temps ou tu ne pouvais travailler qu'en studio pro .

je pense que fondamentalement la technologie est neutre, et que c'est la société qui en fait l'usage qui détermine si il en sort du bien ou du mal.


on voit bien que d'un même studio de mastering peut sortir des albums de facilité et des albums de travail , juste une question de choix
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par Mornagest » Jeu 27 Juin 2013, 10:45

Je suis peut-être d'un genre un peu particulier... est-ce que j'aime les musiques plus confidentielles parce qu'elles le sont, ou pour ce qu'elles sont ? J'entends par là, est-ce que c'est le côté underground et non mainstream qui me fait écouter ce que j'écoute, ou simplement parce que j'aime bien ? Je n'ai pas toujours une réponse tranchée à ce sujet...

En matière de goûts musicaux, j'oscille entre musique classique, baroque, jazz, rock, hard rock, metal plus ou moins extreme, avec un soupçon d'électro... la plupart du temps, ce sont des groupes relativement peu connus. Cités plus haut les célèbres Genesis, Yes ou King Crimson, que dire de Gentle Giant dans la même veine ? Ou en metal plus extreme, High on Fire, Nile ou même Enthroned ou Dissection ?

Je ne sais pas si la technologie est néfaste à la création. J'aurais tendance à penser que le côté artisanal de certaines compositions (classiques sans instruments électriques, par exemple, ou progressives avec du mellotron bidouillé ou de la pédale wah-wah mal branchée) s'est un peu perdu avec l'ère du tout numérique, même s'il y a évidemment des exceptions. Malheureusement, alors qu'à une époque pas si lointaine, il suffisait d'allumer sa radio pour entendre de véritables monstres sacrés, il faut maintenant bien chercher pour trouver chaussure à son pied, si on aime les trucs particulièrement travaillés. En tous les cas, je n'ose plus allumer la radio (à part sur France Musique).

Question de modes, je suppose. Il est tout de même loin, le temps où Mike Oldfield avait un beau succès parmi les jeunes, avec des compositions qui faisaient un morceau par face de galette... dommage.
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Re: Goûts musicaux hors des sentiers battus (et même labouré

Message par Fredo_Pital » Jeu 27 Juin 2013, 10:51

Quel sujet interessant ma foi :D

Il est évident que le musique et à la hauteur de la télévision aujourd'hui : vite produite, baclée, pré machée.
Bref, de la bouillie pré digérée pour nos cerveaux qui n'ont pas une seconde à eux pour apprécier une véritable mélodie.

Par contre, en ce qui concerne l'accecibilité de telle ou telle musique, je pense qu'il y a quelques prédispositions qui peuvent la dévelloper plus ou moins bien, et je pense que l'intelligence et les parents y sont un peu pour quelque chose, même inconsciemment. SI papa écoute du johnny toute la journée, le fiston ne sera pas orienté pareillement que s'il entend les Rolling Stones ou The Who toute la journée dans la voiture pour partir en vacances. Je m'exprime mal mais je pense que vous voyez ce que je veut dire.
Je suis également d'acord pour dire que l'envie de dévelloper une culture musicale joue beaucoup bien sur. Et je sais pas pourquoi, mais j'ai toujours admiré les gens qui écoute une musique peu banale, interessante, qui parle d'elle même.

On parle beaucoup des majors dans ce topic, mais il ne sont pas un passage obligé :D
Prenons un exemple : Stupeflip. On aime ou aime pas, c'est pas grave. Toujours est il qu'il s'autofinançaient entièrement sur le premier album qui à interpellé, et aujourd'hui, ils sont en préparation de leur quatrième avec un Major.

Après, pour moi y a pas de OldSchool, vintage, new wave, etc.. Ca veut rien dire à mon égard, le temps c'est juste une notion "inventée" ou du moins mesurée par l'Homme. Le son Vintage n'a pas toujours été appelé ainsi ni considéré en tant que tel, et pourtant il à toujours été le même (la je deviens carrément incompréhensible). En gros il faut prendre la musique telle qu'elle nous vient sans chercher à mettre d'étiquette dessus (au moins à la première écoute :P )


Pour ceux qui ont eu la flemme de lire , je résume : Je suis d'accord avec vous, mais... :lol:


En tous les cas, je n'ose plus allumer la radio (à part sur France Musique).



L'autoradio et mon iPod sont mes meilleurs amis en voiture, la radio c'est 3 chansons (minables d'ailleurs) jouées en boucle par heure :lol:
Quand j'ai pas le choix, c'est RTL 2
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